Opinion : Quelques vérités sur l'occupation

 

 

Ben-Dror Yemini – 6 Juin 2017 -   https://www.ynetnews.com/articles/0,7340,L-4970003,00.html#2lrQ8lkPBldTFleH.99

Je pense qu’il n’y a pas d’affirmation plus commune que celle-ci : « l’occupation corrompt ».  Un grand nombre d’ONG, d’activistes et d’écrivains s’efforcent de trouver du contenu à ce slogan. Le lauréat du Prix Nobel José Saramago a affirmé il y a quelques temps que « ce qui se passe en Palestine est un crime que l’on peut mettre sur le même plan que ce qui s’est passé à Auschwitz ». Auschwitz, rien de moins ?

Une affirmation plus modérée justifie les appels au boycott en parlant de « destruction de l’éducation ». C’est l’argument avancé, par exemple, par le Professeur Lawrence Davidson pour justifier son soutien au boycott. L’auteur Yitzhak Laor alla jusqu’à écrire que « les chambres à gaz ne sont pas le seul moyen de détruire une nation. Il suffit de provoquer un taux élevé de mortalité infantile ».

Il y a des milliers de commentaires et publications de ce type qui décrivent la vie des Palestiniens comme un enfer sur terre. Une part importante de ces publications provient d’Israéliens. Certains sont des gens sans scrupule. D’autres, les plus modérés, déforment légèrement les faits afin « d’ouvrir les yeux du monde et de sauver Israël de lui-même ».

Un grand nombre d’Européens croient en la véracité de ces récits horribles. Diverses enquêtes d’opinion montrent que bien des résidents de pays européens, parfois même la majorité, croient que ce que les Israéliens font aux Palestiniens est semblable à ce que les Nazis firent aux Juifs. La propagande de l’horreur est en train de gagner.

De la fausse information ‘fake news’ à la fausse étude universitaire ‘fake academia

Où se trouve la vérité ? Commençons par l’éducation. L’éducation supérieure est-elle effectivement détruite ?  Selon le témoignage de l’ancien président de l’université Bir Zeit, Gabi Baramaki, « avant le 5 Juin 1967, il n’y avait aucune université en Cisjordanie ni dans la Bande de Gaza ». Aujourd’hui il y a plus de 50 institutions d’enseignement supérieur dans ces territoires.

De plus, selon une étude lancée et effectuée par les Palestiniens, « ceux-ci ont maintenant le taux le plus élevé de tout le monde arabe de diplômés d’université». Est-ce là « la destruction systématique de l’éducation » selon le Professeur Davidson et les autres publications destinées à démoniser Israël ? On est en train de passer des “fake news” aux faux rapports universitaires ou “fake academia.”

Accusation actualisée de meurtre rituel

L’accusation la plus grave a été présentée par Laor. Les « brutaux soldats israéliens » ont-ils effectivement trouvé des moyens sophistiqués de pratiquer l’annihilation, en provoquant l’augmentation drastique du taux de mortalité infantile ? Et bien ! Selon le Dr. Wael R. Ennab de l’Université Al-Najah, la mortalité infantile en 1967 était de 152 à 162 par 1000 enfants nés vivants. Elle est descendue à 132 en 1974 et a atteint entre 53 et 56 en 1985. Ce taux continue de descendre, atteignant, selon la Banque Mondiale, un taux de 30 en Cisjordanie au moment de la signature des accords d’Oslo.  Cette amélioration se poursuit : le taux de mortalité infantile atteint 25en 2002, lorsque Laor publia ses fausses données. Il n’a pas cessé de s’améliorer pour atteindre aujourd’hui 18 décès par 1000 naissances d’enfants vivants.

La chute brutale entre 1976 et 1993 se produisit lorsque les territoires palestiniens étaient sous régime d’occupation complète des Israéliens.  L’amélioration continua à un rythme plus modéré sous le régime de l’Autorité  Palestinienne. Pour dissiper tout doute, rappelons que le taux de mortalité infantile chez les Palestiniens est très inférieur à la moyenne mondiale qui est de 31,7, et significativement inférieur à la moyenne du monde arabe qui est de 28.

Pourquoi Laor a-t-il publié ce qui s’apparente à une véritable accusation de meurtre rituel ? C’est probablement le résultat de la même logique des opposants à l’occupation qui pensent que  cette opposition légitime tous les mensonges. Il y a à peine quelques semaines, le journal Haaretz publia que l’ONG « Briser le silence » (Breaking the Silence » doit mentir. « En fait, tous ceux qui parlent publiquement dans ce sens doivent mentir car s’ils présentaient les chiffres réels  jamais ils n’arriveraient à convaincre. »

Absolument aucun génocide

Les plus méticuleux parlent de « génocide ». Les plus modérés, comme Noam Chayut, activiste de Breaking the Silence, avancent que « l’exception est la personne qui refuse de tuer des civils ».  Comme des dizaines de milliers de soldats ont servi dans les territoires, on pourrait en conclure que des dizaines de milliers de Palestiniens ont été tués par passion sanguinaire.

En 50 ans de régime israélien, 11 000 à 12 000 Palestiniens ont été tués, pour la plupart des terroristes ou des complices civils. En fait, ce conflit est celui qui a causé le moins de victimes, moins que la moyenne globale des morts causées par accidents de la route et bien moins que le nombre de victimes par meurtres dans la plupart des grandes villes américaines. En comparaison, le djihad massacre plus de 20 000 personnes par an, cela sans compter les guerres.

En général, l’espérance de vie des Palestiniens est passée de 48,6 en 1967 à environ 73 (ou 75 selon d’autres sources) aujourd’hui. La croissance de la population est parmi les plus élevées au monde, 2,9% par an, selon les données de la Banque Mondiale en 2015, à comparer à une moyenne mondiale de 1,2% et à la moyenne du monde arabe de 2%.

Si l’on combine un bas taux de mortalité infantile, un taux élevé de fécondité et une augmentation de l’espérance de vie, le résultat peut être qualifié de beaucoup de noms mais certainement pas de situation causant des dommages sérieux aux Palestiniens, ni encore moins de génocide. En fait, c’est un argument tellement fou que, comme le disait George Orwell, « il y a là des idées tellement absurdes que seul un intellectuel pourrait les croire ».

Je pourrais aborder de nombreux sujets dont un examen objectif révèlerait d’incroyables progrès durant les 50 dernières années. Par exemple, dans le domaine de l’eau : En 1967, seuls 4 des 708 villes et villages palestiniens disposaient d’eau courante. Aujourd’hui, 643 agglomérations sont connectées au réseau d’eau courante (desservant 97% de la population). La consommation palestinienne d’eau en provenance de sources naturelles a augmenté, alors que celle des Israéliens a diminué (les Israéliens font de plus en plus appel au dessalement de l’eau de mer).

Société violente ? Fin de la démocratie ?

D’autres affirmations sont faites dans le cadre du slogan “l’occupation corrompt”, par exemple,  qu’Israël devient de plus en plus violent. Ce n’est pas vrai. L’Indice National de la Violence montre une baisse continue de la violence depuis 2004. Sur le plan international, Israël est comparable à la moyenne de l’OCDE. En d’autres termes, il n’y a aucune preuve liant le contrôle des territoires à la violence en Israël. Les discours violents sur les réseaux sociaux se  multiplient, mais ceci est une mauvaise herbe qui envahit tous les pays démocratiques disposant de la liberté de parole.  

Le même constat s’applique aux cris de désespoir sur la fin de la démocratie. L’indice 2015 de démocratie de l’Institut Israélien de la Démocratie contient la phrase suivante : « Le sentiment général que la situation de la démocratie israélienne se détériore et a atteint son niveau le plus bas, tel que reflété essentiellement dans les médias, n’est pas exact au vu des résultats internationaux comparables. »

Les mensonges doivent être réfutés

Il y a 50 ans qu’Israël a pris le contrôle des territoires, et les chiffres démontrent que les  Palestiniens ont en fait bénéficié d’améliorations majeures. Dans la plupart des domaines, leur situation est bien meilleure que celle des Arabes dans tous les pays voisins. Il faut donc que les mensonges sur Auschwitz et la destruction et les tueries de masse soient eux détruits.

Cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas d’injustice. Cela ne signifie pas qu’il n’y a pas lieu de critiquer et même critiquer sévèrement certaines actions israéliennes. Cela ne signifie pas qu’il n’y a pas de hooligans dans les territoires, même s’ils ne sont qu’une infime minorité. Cela ne signifie pas que l’entreprise des implantations soit justifiée. Et cela ne signifie certainement pas que l’occupation doive se perpétuer  ou que nous devrions avancer la tête haute vers le désastre appelé la solution à un état ou un état binational.

Tout ce que cela signifie c’est que nous devons réfuter les mensonges sur ce que les Palestiniens ont vécu ces 50 années sous contrôle d’Israël. Cela permettra de faire progresser les négociations sur un accord viable au bénéfice des Palestiniens autant qu’à celui des Israéliens.

 

YNet News https://www.ynetnews.com/articles/0,7340,L-4970003,00.html#2lrQ8lkPBldTFleH.99

Traduction Norbert Lipszyc membre du CD AFI.

 

 



Ajouté le 06/06/2017 par Ben-Dror Yemini - 0 réaction Actualités

Réagir


CAPTCHA