Les 100 ans de relations franco-israéliennes

 

Le 9 novembre dernier s’est tenu à l’Amphithéâtre Foch de l’Ecole Militaire un colloque

Intitulé : Israel, le Moyen-Orient, et la Sécurité de l’Europe.

 

Le Dr David Harari, Co-président israélien du Haut Conseil Israël-France pour la Science et la Technologie, Lauréat du Prix d'Israël et titulaire des prix israéliens de la Défense et du Marketing, Lauréat du prix américain Pionner, pour sa contribution au développement des systèmes d'avions sans pilote, a ouvert la manifestation par un exposé historique magistral

qu’il a bien voulu communiquer à notre site pour diffusion élargie. Nous l’en remercions très chaleureusement.

 

 

 

Les 100 ans de relations franco-israéliennes

Par David Harari – Novembre 2017

 

Préalable

 

100 ans, de 1917 à 2017, un siècle d’énormes bouleversements dans tous les secteurs de l’humanité, dans le monde entier et en particulier au Moyen-Orient, avec,

 

• La chute de l’Empire Ottoman et le démantèlement du vaste ensemble de territoires et des peuples qui composaient l’empire ottoman et la création de plusieurs nouveaux pays.

Tout ceci basé sur l’accord anglo-français Sykes-Picot accompagné d’accords secrets avec l’Italie et la Russie.

 

• La deuxième guerre mondiale et la disparition des empires coloniaux et l’indépendance de nombreux pays avec la différence fondamentale entre la SDN avec 63 membres et l’ONU qui comprend aujourd’hui 193 membres.

 

• La Déclaration Universelle des Droits de l’Homme et l’impact de la découverte de l’Holocauste sur la conscience humaine.

 

• La spoliation complète et le départ forcé de toutes les communautés juives des pays arabes (environ 800 000 personnes).

 

• Les bouleversements industriel et technologique qui nous conduisent de la fin de la deuxième révolution industrielle au début de la quatrième révolution industrielle, annonçant la transformation de systèmes entiers de production, de gestion et de gouvernance.

 

Et bien sur, la résurrection de l’Etat d’Israël, petit pays, sans ressources naturelles, entouré de pays hostiles à son existence même.

Après 70 ans, Israël est un pays riche en technologies et à la pointe de découvertes la conduisant au seuil de la quatrième révolution industrielle.

 

Les relations entre l’Etat d’Israël et la France ont souvent été présentées comme étant empreintes de passion. La dimension passionnelle reflétant les réactions à certains évènements ou tournants dans les relations entre les deux pays mais, en dernière instance, ce sont les intérêts de chaque pays qui déterminent les éléments de décision.

 

Nous allons parcourir rapidement ce siècle d’évènements, en délimitant quatre périodes :

• La période précédant la création de l’Etat d’Israël (1917-1948),

• L âge d’or des relations franco-israéliennes (1948- 1967),

• Le refroidissement et les ambivalences des relations (1967-2000)

• La période actuelle (2000-2017).

 

La période précédant la création de l’Etat d’Israël (1917-1948)

 

Il est intéressant de signaler la lettre de Jules Cambon, Secrétaire Général du ministère français des Affaires Etrangères, adressée le 4 juin 1917 à Nahum Sokolov, éminent dirigeant du mouvement sioniste.

 

« Monsieur,

Vous avez bien voulu m'exposer le projet auquel vous consacrez tous vos efforts et qui a pour objet de développer la colonisation israélite en Palestine. Vous estimez que si les circonstances le permettent et l'indépendance des Lieux Saints étant assurée d'autre part, ce serait un acte de justice et de réparation que d'aider, par la protection des puissances alliées, à la renaissance de la nationalité juive dans cette terre d'où le peuple d'Israël fut exilé il y a tant de siècles.

 

Le gouvernement français, qui est entré dans cette guerre pour défendre un peuple injustement attaqué, et qui continue la lutte pour assurer la victoire du droit sur la force,

ne peut qu'éprouver de la sympathie pour votre cause, dont le triomphe est lié à celui des alliés.

Je suis heureux de vous donner sous ce pli une telle assurance. »

 

Cette déclaration faite par la France, quatre mois avant la fameuse déclaration de Lord Balfour en novembre 1917 n’a pas eu de retentissement international car les accords Sykes-Picot sur le démantèlement de l’Empire Ottoman, suivis par la décision de la Société des Nations d’accorder au Royaume Uni un mandat politique sur la Palestine, éloigne la France des évènements préparant la création de l’Etat d’Israël 30 ans plus tard.

 

Cependant, si la France s’employa à faire oublier la déclaration Cambon, cela ne l’empêcha pas d’afficher de meilleures dispositions à l’égard du sionisme afin qu’il n’échappât pas entièrement à l’influence française.

 

Il est important de signaler qu’en 1926, est fondée par le Président du Conseil, Joseph Paul-Boncour et le Ministre Justin Godart (grand résistant qui a sauvé énormément de juifs pendant l’occupation allemande), sous le haut patronage du Président de la République, Gaston Doumergue, l'association Amitiés France-Palestine qui deviendra après la naissance en 1948 de l’Etat d’Israël, l’association Amitiés France-Israël puis

Association France Israël Alliance Général Koenig.

 

Avec la crise anglo-sioniste qui débuta avec les émeutes arabes de 1929, Haïm Weizmann, dirigeant britannique du Mouvement Sioniste et qui deviendra en 1948, le premier président de l’Etat d’Israël, tenta de se tourner davantage vers la France.

 

Le Quai d'Orsay se montra attentif, mais peu enclin à céder aux injonctions de soutien demandé par Weizmann.

 

L'arrivée au pouvoir du Front Populaire passa pour une opportunité dans la mesure où le gouvernement comprenait alors des sympathisants du mouvement sioniste. Mais les autorités françaises, soucieuses alors de ne pas froisser leur dernier allié démocratique en Europe, calquèrent leurs déclarations sur celles du Royaume-Uni.

 

Dans le cadre des relations franco israéliennes de cette époque, il faut rendre hommage à un pionnier de l’amitié́ franco-israélienne, le Général Pierre Koenig.

 

C'est en 1941 lors de sa visite de la Palestine et des kibboutzim que naît son amitié pour Israël.

Le général Koenig commande les Français libres lors de la bataille de Bir Hakeim. Après avoir repoussé les assauts des forces italo-germaniques, il reçoit l’ordre de repli le 11 juin 1942 pour rejoindre les forces britanniques.

 

A sa grande surprise, il rencontre au moment du repli, un groupe de soldats des forces britanniques aussi fatigués que les siens. S’adressant en anglais au commandant de cette unité, il s’entend répondre en français par celui-ci, d’origine française, qu’il est en présence d’une unité de la Brigade Juive de Palestine, tous volontaires, pour se battre au sein de l’armée britannique.

 

Koenig marque quelque étonnement à voir ces soldats juifs combattre sous les couleurs de l’Union Jack. « Il ne nous est pas permis de combattre sous les couleurs de notre propre drapeau… Le règlement s’y oppose… », répond le commandant Liebmann. « Le règlement britannique », s’écrie Koenig, « ici je m’en moque. Vous êtes avec des Français, nous sommes victorieux tous les deux. » Aussitôt, le fanion blanc frappé en bleu de l’étoile de David est déployé. Aux officiers qui l'entourent, le commandant de la 1ère brigade française libre ordonne : « Le drapeau juif, messieurs, saluez ! »

 

Sous la Quatrième République, le général Koenig, ministre de la Défense nationale et des Forces armées en 1954 dans le gouvernement Pierre Mendès France et en 1955 dans le gouvernement Edgar Faure, soutiendra toujours les efforts d’armement de l’Etat d’Israël.

 

Après 1967, en total désaccord avec les orientations prises par le Général De Gaulle dans sa politique au Proche Orient, le général Koenig se consacrera à la vie de "l'Association du Comité de solidarité française avec Israël" qu'il présidera jusqu'à sa mort en 1970 et qui a fusionné depuis avec l’association Amitiés France-Israël.

 

A la fin de la guerre, le mouvement sioniste recherche le soutien de Paris pour faciliter l'immigration des réfugiés juifs rescapés de l'Holocauste et obtenir un appui significatif de la France en faveur de la création puis de la reconnaissance de l’État juif.

 

En 1946, certains membres de la Haganah qui avaient trouvé refuge à Paris après avoir été pourchassés par les Britanniques en Palestine, organisent tout aussi bien des envois sporadiques d'armes que des vagues d’immigrations jugées illégales vers le mandat britannique, et bénéficient d’une certaine complaisance de la part des autorités françaises.

Ainsi la France permettait aux dirigeants sionistes de mener des activités sur son territoire, d’envoyer sporadiquement des armes et d’organiser l’immigration juive à partir de ses ports.

 

L’Exodus, l’Altalena et d’autres navires clandestins chargés de réfugiés ou d’armes se voient ainsi ravitaillés en France avec le soutien actif, mais non officiel des autorités civiles et militaires.

On connaît le rôle joué par Edouard Depreux, ministre de l’Intérieur du gouvernement Paul Ramadier, dans la crise de l’Exodus, bateau chargé de survivants de la Shoah et interdit d’accostage par la Grande Bretagne en Palestine. Résistant aux pressions de Londres, le gouvernement français refusa de contraindre les passagers à débarquer en France.

François Mitterrand qui était alors jeune porte-parole du gouvernement, ne manquera pas de rappeler cet épisode lors de son discours à la Knesset en 1982.

 

Le 29 novembre 1947, après un ultime délai de 24 heures demandé par la France pour essayer de trouver une solution qui puisse être acceptée par les deux parties, arabe et juive, la France vota aux Nations Unies en faveur du partage de la Palestine et de la création de deux Etats.

 

 

2ème partie :

 

Les 100 ans de relations franco-israéliennes

Par David Harari – Novembre 2017

Seconde Partie.

 

Dans la première partie de cette série présentée sur ce site le 31 décembre dernier , le Dr David Harari  Co-président israélien du Haut Conseil Israël-France pour la Science et la Technologie, nous a présenté  les relations franco-israéliennes durant  La période précédant la création de l’Etat d’Israël (1917-1948).il aborde maintenant

 

 L’âge d’or des relations franco-israéliennes (1948- 1967)

 

Après la proclamation de l’indépendance de l’État d’Israël en mai 1948, la France hésita à reconnaître de facto le nouvel État et ne le reconnaîtra de facto que le 24 janvier 1949.

La reconnaissance de jure n'interviendra que le 20 mai 1949, un an après la naissance de l’Etat d’Israël à cause de plusieurs désaccords importants existant entre les deux pays concernant notamment le statut de Jérusalem, des Lieux saints et l’avenir des institutions françaises en Israël.

Au cours des années 1950, les États-Unis fournissant des armes aux pays arabes, mais pas à Israël, la France devient alors la seule alliée diplomatique et militaire d’Israël

La première délégation militaire israélienne arrive à Paris dès 1950.

Les militaires israéliens visitent les installations militaires, étudient dans les écoles françaises et les services de renseignement des deux pays entretiennent de fructueux contacts.

L’amitié franco-israélienne se manifeste en 1951 avec le soutien français de l'entrée des travaillistes israéliens au sein de l’Internationale socialiste, en dépit des réticences britanniques.

Dès la fin 1955, le Premier Ministre Edgar Faure promet au ministre israélien des Affaires étrangères, Moshé Sharett, de lui vendre des avions de combat Mystère IV et en juin 1956, en dépit de l’opposition américaine, le ministre français des Affaires Etrangères, Christian Pineau, qui a une profonde sympathie pour Israël, fait fi des recommandations des hauts fonctionnaires du ministère et soutient la livraison des Mystère IV à Israël.

Ces différents soutiens au sein du monde politique et militaire français permirent à l’Etat d’Israël de se doter  rapidement d’un arsenal militaire de qualité.

Dès 1954, la France est confrontée à la montée en force des mouvements nationalistes en Afrique du Nord (Tunisie, Maroc et surtout Algérie). L’Egypte devenue nassérienne, multiplie les soutiens diplomatiques et militaires au FLN algérien.

Dans ce contexte géopolitique, Israël devient alors pour la France un allié de première importance.

Une coopération étroite s’engage fin 1954 qui atteindra son apogée lors de l’opération commune menée par Israël, la France et la Grande-Bretagne contre l’Égypte en 1956 et qui prendra la forme, entre 1956 et 1958, d’une véritable alliance politico-militaire.

Shimon Pérès, alors directeur général du Ministère de la Défense, a joué un rôle clé dans l’histoire de l’alliance non écrite – on pourrait dire le roman d’amour – entre la France et l’Etat d’Israël.

Il est nécessaire de rappeler que les Etats-Unis, soucieux de ménager Nasser, ont imposé un embargo sur les livraisons d’armes à Israël, ce qui a amené Shimon Pérès a tissé, dès 1955, un réseau de liens personnels très étroits avec les hommes du complexe militaroindustriel français et les responsables politiques engagés dans la lutte contre le nationalisme arabe en Algérie.

L’alliance avec la France aide Israël à consolider deux domaines très importants :

               -   d’une part, le domaine militaire avec l’approvisionnement en armes modernes;

               -   d’autre part, le domaine de la coopération scientifique et technologique.

En dépit des réticences du ministre des Affaires Etrangères, Maurice Couve de Murville, le Général de Gaulle intervient personnellement en faveur de la vente à Israël des avions Mirage qui vont doter son armée d’une force de frappe décisive.

L’armée de l’air israélienne devient en quelques années la force aérienne étrangère la plus française, « hors de France ».

Au début des années soixante, tous les avions de combat, assurant à Israël la maitrise de son ciel, sont purement français.

Pour la petite histoire, rappelons que Ben Gourion donnant priorité aux besoins de la défense nationale et voulant manifester son amitié et sa considération à la France est allé, à soixante dix ans, assister pour la première fois de sa vie, à un match de football, entre deux équipes militaires française et israélienne.

La collaboration scientifique, technique et industrielle entre la France et Israël, a, en fait, connu un essor  remarquable dès la création de l’Etat en 1948.

Un des exemples les plus importants est celui de la technologie nucléaire dans laquelle l’Etat d’Israël s’investit dès 1948. A l’origine de ce développement, une poignée de scientifiques ayant émigré en Palestine dans les années trente et quarante, dont David Bergman qui deviendra le premier directeur de la Commission Atomique israélienne.

A partir de 1949, le coeur de la recherche nucléaire se trouve à l’Institut Weizman et David Bergman est à la tête de sa division chimique.

Cette même année, Francis Perrin, Commissaire à l’énergie atomique française et ami personnel de Bergman, visite l’Institut Weizman. En retour, des scientifiques israéliens sont invités à se rendre au tout nouveau centre français de recherche nucléaire à Saclay.

Un embryon de coopération s’établit entre les deux pays.

La coopération entre la France et Israël s'accentue avec l'arrivée en mai 1957 à la présidence du Conseil de Maurice Bourgès-Maunoury et mi-1957, un accord est conclu pour la construction en Israël d'un réacteur nucléaire.

Les travaux débuteront six mois plus tard à Dimona, dans le sud d’Israël.

Mais en 1961, le général de Gaulle décidera de terminer la construction du réacteur de Dimona mais de cesser toute aide française en ce qui concerne l’usine de séparation du plutonium.

En 1963, le réacteur de Dimona sera mis en service par Israël.

Les relations très chaleureuses entre la France et Israël, qui se sont développées au cours de la fin de la 4ème République et le début de la 5ème, sont aussi l’oeuvre de l’ambassadeur de France en Israël entre les années 1953 et 1960, Pierre-Eugène Gilbert.

Très apprécié dans la société israélienne, il avait appris l'hébreu, qu’il parlait et écrivait à un niveau assez élevé.

C’est à cette même époque que l’on pouvait entendre dans les rues et les cafés israéliens des chansons d'Edith Piaf, d'Yves Montand et des Compagnons de la Chanson.

La culture et la langue françaises étaient très prisées et faisaient leur entrée dans la culture israélienne.

La France était devenue la destination privilégiée des étudiants souhaitant étudier les sciences humaines, les arts, le cinéma ou la pantomime.

Du coté français, l’amitié et l’admiration pour les réalisations du nouvel Etat d’Israël ne cessaient de grandir.

 

En 1958, lorsque Charles de Gaulle revient au pouvoir, les relations entre les deux pays sont au beau fixe et le roman d’amour franco-israélien semble se poursuivre.

Un accord culturel est signé entre la France et Israël en 1959, promouvant la langue française dans les lycées et les universités israéliennes et en retour s’introduit l'enseignement de la langue hébraïque dans les universités françaises.

La visite officielle de David Ben-Gourion à Paris en 1960, laisse augurer tous les espoirs d’une longue coopération militaire et industrielle.

Cette visite est suivie d’une deuxième en juin 1961 au cours de laquelle le général De Gaulle considère « …l’Etat d’Israël comme un ami et un allié…. »

Au cours de cette visite, David Ben Gourion le remercie pour avoir prêté main forte à l’organisation de l’immigration clandestine des Juifs du Maroc, en autorisant l'ouverture d'un camp de transit par l'Agence Juive à Marseille.

Des entreprises françaises remportent les marchés de construction de l’autoroute Beersheva – Eilat et de l’aménagement des facilités portuaires d’Haïfa.

Les relations commerciales entre les deux pays s’améliorent avec en 1962, un protocole commercial signé entre les deux capitales dans le but de créer une zone de libre-échange pour certains produits finis et en 1964, lorsque la France appuie la signature d’un accord commercial avec Israël, auprès de ses partenaires communautaires européens.

Le gouvernement français participe activement à la modernisation de l’aviation militaire israélienne et à l’approvisionnement de missiles et autres équipements militaires terrestres et maritimes.

En 1966, est signé un nouvel accord pour la livraison de 50 Mirage 5 destinés à remplacer les 72 Mirage 3 (C) achetés en 1961, toujours avec l’accord du Général de Gaulle.

La fin de la Guerre d’Algérie avec la signature des accords d’Evian en mars 1962 n’entame pas cette amitié au moins jusqu’en 1965.

Mais au cours des années 1965 à 1967, une reprise des relations franco-égyptiennes se développe et on assistera aux prémices d’un rapprochement entre la France et les pays arabes qui s’intensifiera après 1969.

Le 2 juin 1967, à la veille de la Guerre des Six Jours, de Gaulle décrète l’embargo sur les ventes d’armes au Moyen-Orient qui en fait, n’affecte uniquement qu’Israël.

Le 5 juin 1967, c’est le début de la Guerre des Six Jours et c’est avec une aviation équipée à plus de 90% de matériel français que l’Etat d’Israël arrache la victoire éclair.

Dans sa conférence de presse du 27 novembre 1967, le général de Gaulle a porté sur le peuple juif des jugements qui ont soulevé beaucoup d’émotions et d’indignations. Il y déclarait en effet que « les Juifs étaient restés ce qu’ils avaient été de tout temps, c’est-à-dire un peuple d’élite, sûr de lui-même et dominateur ».

Devant l’émotion provoquée par ces déclarations, il a assuré dans sa réponse à une missive de David Ben Gourion, que dans son esprit il s'agissait d'appréciations flatteuses.

L’embargo décrété par le Général de Gaulle aura en fait de nombreuses répercussions au sein de l’Etat d’Israël comme celle du développement d’une industrie militaire israélienne de haut niveau et la création des Industries Aérospatiales Israéliennes ainsi qu’un rapprochement stratégique entre l’Etat d’Israël et les Etats Unis d’Amérique, quelques années plus tard.

En effet, en Octobre 1967, le département d’Etat Américain annonce la livraison de 48 avions Skyhawk et en janvier 1968, l’embargo américain sur les nouvelles fournitures militaires prend fin avec l’accord de livrer des avions Phantom, livraisons dont les pourparlers entre les 2 pays avaient débuté en 1964.

Ces événements auront aussi contribué à modifier l’évolution culturelle de la société israélienne qui commence à « s'américaniser ».

 

 


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