Médecine

La R&D médicale en Israël

La recherche biotechnologique, biomédicale et clinique compte pour plus de la moitié de toutes les publications scientifiques du pays.

2017.08.01

 

​Le secteur industriel d’Israël a étendu ses activités au domaine médical afin de capitaliser sur sa large base de connaissances.

 

Les scientifiques locaux ont développé des méthodes pour produire une hormone de croissance humaine et des interférons, un groupe de protéines qui agissent contre les infections virales. Le Copaxone, un médicament efficace pour traiter la sclérose en plaques, a été développé en Israël – depuis le stade de la recherche fondamentale jusqu’à celui de la production industrielle. L’ingénierie génétique a mené à la production d’un large champ de kits de diagnostic, basé sur des anticorps monoclonaux ainsi que sur d’autres produits microbiologiques.

 

Des équipements médicaux sophistiqués pour diagnostiquer et traiter les patients ont été développés et commercialisés à travers le monde, comme les scanners de tomographie par ordinateur, les systèmes d’imagerie par résonance magnétique, les échographes, les caméras nucléaires médicales et les lasers chirurgicaux. D’autres innovations incluent un polymère liquide à libération contrôlée pour éviter l’accumulation de la plaque dentaire, un appareil pour réduire les œdèmes bénins et malins de la prostate, l’usage de la toxine botulique pour corriger le strabisme des yeux, et une caméra miniature insérée dans une capsule avalable, utilisée pour diagnostiquer les maladies gastro-intestinales.  

 

Article lu sur le site de l’Ambassade d’Israël :

http://embassies.gov.il/paris/AboutIsrael/ScienceTechnology/Pages/medical-RD.aspx#p

 

7 Août 2017

 

 

En direct de la médecine et des hôpitaux israéliens

Professeur Bernard LOBEL, Paris

 

I Les médecins de l’hôpital Rambam (Haifa) au service des populations démunies de l’Ouganda

Les docteurs Neta Patrazil et Noam Bosek, tous deux responsables de l’unité des maladies infectieuses et tropicales de l’hôpital Rambam, ont décidé d’améliorer leur expérience en se rendant pour deux mois dans une zone reculée et pauvre de l’Ouganda. « Nous étions très impressionnés de faire partie d’un projet de l’organisation humanitaire israélienne non gouvernementale, Brit-Olam. Cela s’avérait une opération extraordinaire au plan personnel, humanitaire et professionnel » raconte le docteur Patrazil.

Avec peu de moyens financiers, des ressources médicamenteuses limitées et des équipements usagés, ces médecins se sont efforcés pendant deux mois de diagnostiquer et traiter les populations locales, s’exposant à une réalité complexe mais fascinante. Ils ont rencontré des patients porteurs de maladies rares et inconnues en Israël. « Même si par manque de moyens techniques et d’examens de laboratoire, nous ne pouvions parfaitement diagnostiquer et traiter les affections, nous nous sommes efforcés d’aider les patients, Notre incapacité à les guérir, voire à les maintenir en vie, était frustrante et même tragique ».

De retour à Rambam, avec les nouvelles connaissances acquises en Ouganda, ceci a changé notre façon d’appréhender les malades au profit d’une prise en charge plus globale.

Les deux médecins incitent leurs collègues à poursuivre l’expérience qui leur a fait apprécier les moyens dont ils disposent en Israël et mieux comprendre ce qui fait défaut dans le tiers monde.

 

II L’hôpital Tel Hashomer-Sheba medical Center, Tel Aviv, s’enrichit de deux nouveaux départements, celui des grossesses à haut risque et celui spécialisé dans les arythmies cardiaques.

  1. Le département de grossesse à haut risque est intégré au Service de gynécologie obstétrique Joseph Buchmann. Son Directeur, le Professeur Schiff, constate que cette section de la maternité est la plus apte en Israël à soutenir les femmes enceintes, lors des grossesses difficiles. Cette unité permet à la fois de suivre les grossesses dans les meilleures conditions pour la mère et l’enfant et de permettre les naissances dans un environnement médical adapté. Cette technologie n’oublie pas l’attention nécessaire à la future maman. En effet, le Département assigne à chaque patiente, une infirmière spécialisée. Il reçoit des femmes de tout Israël. La sécurité des mères est de la plus grande importance dans cette unité  à la technologie de pointe, qui concentre les cas les plus complexes d’Israël et des pays voisins. La santé des futures mamans est une priorité en Israël.
  2. Un secteur dédié aux troubles du rythme cardiaque s’est ouvert au sein du Service de cardiologie de l’hôpital Sheba. Son Directeur, le Professeur Glickson, est le responsable du Davidaï Arrhythmia Center. Ce centre est doté des moyens les plus modernes pour traiter les troubles des patients venus de tout Israël.

Le Professeur Kreiss, Directeur général de Tel Hashomer, remercie la famille Davidaï, pour avoir permis au Sheba Medical Center d’accéder à l’excellence dans ce type de traitement.

 

22 Juin 2017

 

En direct de l’hôpital Rambam et de son journal

Professeur Bernard Lobel, Paris

 

I  Première à l’hôpital Rambam – Haifa. Un enfant reçoit une prothèse osseuse capable d’évoluer avec sa croissance

Shir D., fillette de 9 ans, a été le premier enfant en Israël à recevoir un implant osseux spécial capable de remplacer un os en préservant sa mobilité, tandis que cet implant grandira avec sa croissance.

L’enfant se plaignait depuis plusieurs mois d’une douleur du genou quand le docteur Nikomorov, un oncologue orthopédiste, dépista un cancer du genou qui n’atteint qu’exceptionnellement les enfants.

L’intervention consistait à retirer la zone malade et reconstituer le genou avec une prothèse. Ce problème est résolu chez l’adulte, mais chez l’enfant dont le membre grandit, plusieurs interventions auraient dû être programmées.

Le docteur Nikomorov prit contact avec une firme anglaise fabriquant des prothèses « sur mesure ». Il dessina un implant qui pourrait s’allonger en utilisant l’énergie életro-magnétique appliquée  à l’extérieur de la jambe. Le coût de l’implant (près de 100 000 euros) fut couvert par l’hôpital Rambam et plusieurs structures de santé israéliennes.

L’intervention dura 11 heures, pour retirer la partie malade et repositionner l’implant. Le jour suivant Shir était capable de se lever et prendre  appui sur sa jambe. Le traitement a été complété par une radio chimiothérapie et la convalescence s’est déroulée sans incident.

« Quand Shir a pu de nouveau marcher sur ses deux pieds, j’ai pleuré de joie » a dit sa mère qui remercie le docteur Nikomorov pour son esprit d’aventure en proposant une prothèse adaptable.

 

II Encore un enfant syrien opéré en urgence à l’hôpital Rambam – Haifa

Une fillette de 9 ans, l’enfant P., a été blessée près de Damas par des éclats d’obus. Sur place, elle a été traitée avec les moyens disponibles qui ont permis de retirer de nombreux éclats qu’elle portait sur tout le corps. Mais un éclat avait pénétré plus profondément dans le thorax et menaçait le cœur. Localement, les médecins s’avouèrent incapables d’entreprendre l’intervention. Des circuits, maintenant bien rôdés, permirent d’exfiltrer la fillette vers le service de chirurgie cardiaque de l’hôpital Rambam à Haifa. L’intervention y fut réalisée en urgence car le fragment métallique ayant pénétré le péricarde, menaçait à la fois le muscle cardiaque et la vie de l’enfant  à tout moment. L’intervention fut un succès et la convalescence simple. L’enfant put retourner en Syrie dans sa famille pour parfaire son rétablissement.

Nous voudrions insister sur ces actions humanitaires israéliennes en faveur des populations martyrisées de Syrie et si peu médiatisées. Nous voudrions aussi insister sur  le caractère paradoxal de ces actes humanitaires qui imposent l’anonymat sur les blessés traités. En effet, la famille de l’enfant en Syrie serait inquiétée au retour de la fillette si cela se savait.

Il en va de même pour les adultes syriens blessés et traités à l’hôpital Rambam dont l’anonymat s’impose dans la crainte qu’au retour d’Israël ils soient considérés en Syrie comme de futurs espions au profit du pays qui les a sauvés.

 

III L’hôpital Rambam (Haifa), le grand hôpital couvrant le Nord d’Israël – son activité pour 2016 en quelques chiffres.

L’hôpital Rambam, modèle de coopération israélo-palestinienne, a vu son activité croître en 2016. La maternité a ainsi donné naissance à 5163 enfants, 2600 garçons et 2560 filles. La plupart des mères avaient plus de 30 ans, tendance se maintenant depuis plusieurs années.

Le département des urgences en gynécologie obstétrique a traité 12 000 femmes, alors que les urgences pédiatriques ont reçu 25 000 enfants, les urgences médicales 131 000 patients.

L’unité de scanner a tourné à plein régime avec 56 000 patients explorés, soit 160 chaque jour. L’unité de cardiologie interventionnelle a implanté 2110 stents, alors que 500 patients étaient opérés à cœur ouvert.

Les salles d’opération ont vu passer 27 200 patients, la plupart d’entre eux avec des pathologies complexes nécessitant des techniques de pointe et l’usage de robots.

Enfin, l’hôpital pédiatrique a traité 25 200 enfants.

Cette activité remarquable fait une large part aux soins donnés aux populations juives locales, mais aussi palestiniennes du nord d’Israël, de Galilée et des Territoires, ainsi qu’aux citoyens de Gaza qui le demande et aux blessés voisins de Syrie. Félicitations aux équipes médicales composées de médecins israéliens juifs et chrétiens ou musulmans palestiniens de l’hôpital Rambam.

 

10 Février 2017

 

 

En direct de l’Israeli Medical Association (IMA) et des hôpitaux israéliens

Professeur Bernard Lobel, Paris

 

I L’hôpital Rambam (Haifa) rend hommage à Shimon Pérès

L’hôpital Rambam est profondément ému par la disparition de Shimon Pérès, 9e Président d’Israël. C’était un homme avec une vision et capable d’agir pour promouvoir la paix et la sécurité.

R. Beyar , directeur de Rambam, ajoute : « Il fut un ami de notre hôpital et reçut en 2015 la médaille de Rambam, le plus grand honneur que nous puissions lui rendre. Nous avons apprécié son rôle de visionnaire en matière de technologie. Laissez-moi rappeler un souvenir :  C’était à la fin de Chavouot, en Galilée, nous étions devant un paysage serein et Shimon Pérès parlait du nécessaire besoin d’amour dans l’humanité, mais aussi de la complémentarité entre médecine et technologie et de la vie quotidienne. Une autre fois, Shimon Pérès dans un discours devant 2000 personnes réunies à l’hôpital Rambam, eut des propos passionnants  sur le futur de la médecine. Il insista particulièrement sur l’aspect multi culturel de notre hôpital où se côtoient Juifs, Chrétiens et Musulmans, sur la fraternité de ceux qui se penchent sur les malades et l’espoir qu’il avait dans une coexistence pacifique dans un futur proche. Que sa mémoire soit bénie ».

 

II Les méfaits de la Cocaïne en Israël et dans le monde

Une équipe de l’Université de Tel Aviv a fait récemment le point sur l’usage de la cocaïne en Israël et ses conséquences sur la santé (Rambam Medical Journal, octobre 2016).

La cocaïne est utilisée par 1 % de la population israélienne entre 18 et 40 ans. Elle est «  sniffée », inhalée ou injectée en intraveineuse. L’autorité de surveillance antidrogue note que son utilisation en Israël a doublé entre 2005 et 2009.

La cocaïne a des effets toxiques sur le cerveau, le cœur, les poumons, ainsi que le foie et les reins.  Elle est, de plus, contaminée par le Lévamisole dans plus de 70% des cas.

Le Lévamisole est une poudre très proche de la cocaïne, utilisée habituellement comme agent anti-helminthique (antiparasite). Elle potentialise l’effet de la cocaïne, sans réduire son apparente qualité, à la différence du sucre et de la Lidocaïne. Elle est peu onéreuse.

Ce produit d’ailleurs a des propriétés immuno modulatrices, très utiles dans le cancer du colon, l’arthrite rhumatoïde et le syndrome néphrotique de l’enfant. Il a été cependant retiré du marché en 1999 du fait de ses risques de neutropénie. Il est toujours  utilisé comme anti parasitaire.

Certains des effets délétères de la cocaïne sont liés au Lévamisole comme les risques d’ agranulocytose et de vascularité. Ces lésions sont maintenant mieux connues. Elles sont de deux types : l’un lié à l’absorption nasale de la cocaïne qui altère la muqueuse. L’intoxication chronique aboutit à la destruction du septum nasal par effet vasculaire constrictif. Les lésions sont dues au caractère irritant de la drogue et de ses composants, à l’effet traumatique des microcristaux de cocaïne ainsi qu’aux infections récidivantes. Le tout aboutit à la destruction des tissus environnants : structures ostéo-cartilagineuses du nez, du sinus et du palais. L’autre type de lésions est dû au Lévamisole et à ses effets agranulocytaires : hémorragie cutanée, leucopénie, lésions rénales.

Aujourd’hui dans le monde comme en Israël il importe d’évoquer la prise de cocaïne devant ce type de pathologies vasculaires inflammatoires. Seul l’arrêt de l’intoxication permet l’amélioration des troubles.

 

7  Décembre 2016

 



Réagir


CAPTCHA